jeudi 27 novembre 2014

La massothérapie, efficace pour les douleurs lombaires?

Massage et lombalgie
Une réhabilitation par la revue Cochrane
 
Pour ceux et celles qui douteraient de l'effet de la massothérapie sur la douleur lombaire, voici une belle revue de littérature ayant passé en revue plusieurs articles sur différents types de massages. Concernant l’évaluation de la douleur, il s'agit essentiellement de l'échelle visuelle analogique (EVA), du score de Roland-Morris (avec un seuil d'intérêt clinique minimal de 2,5) et de l'Oswestry disability index (ODI). (Estrade 2011)
 

Liste de techniques retenues (Estrade 2011)

 
- Le comprehensive massage therapy
 
La comprehensive massage therapy comprend des techniques variées, avec des frictions, le traitement de points-gâchettes, de la « thérapie neuromusculaire » à visée circulatoire et de relâchement des spasmes et tensions. (Estrade 2011)
 
- Le massage traditionnel thaï
 
Le massage traditionnel thaï consiste à effectuer des pressions localisées de façon progressive avec les pouces, les paumes, les coudes jusqu'à perception de douleur par la patient puis la pression est maintenue 5 à 10 sec. (Estrade 2011)
 
- La roptrothérapie
 
La roptrothérapie consiste en des frictions profondes lombo-pelviennes réalisées à l’aide d’un outil de roptrothérapie. (Estrade 2011)
 
- Le massage suédois
 
Le massage suédois est une technique couramment utilisée en massothérapie. Fait avec de l'huile à massage, elle utilise plusieurs manœuvres telles que les effleurages, le foulage, le pétrissage, les percussions, les frictions, etc. 
 
- Le massage acupunctural selon Penzel
 
En utilisant un stylet vibrant, le massothérapeute stimule les points d'acupunctures superficiellement en suivant un trajet défini. (Estrade 2011)
 

Résultats obtenus selon les autres techniques

 
Dans la perception de la douleur, une amélioration d'environ 2 points a été noté selon l'évaluation visuelle analogique. (Estrade 2011) Après un mois de suivi, 63 % des patients traités (lombalgies subaiguës) se déclaraient indolents comparativement à 0 % des patients du groupe laser placebo. (Preyde 2000) De plus, toujours selon Preyde 2000, à court terme la massothérapie s'est avérée plus efficace que des étirements passifs du tronc et des hanches. Par contre, aucune différence a été noté à long terme. De plus, chez les sujets ayant reçu des traitements de massage thaï sont significativement moins douloureux que les sujets ayant subit des mobilisations passives vertébrales. (Mackawan et al. 2007) Comparativement au traitement traditionnel d'acupuncture, les auteurs n'ont noté aucune différence sur la perception de la douleur à court terme mais c'est plutôt à long terme que la massothérapie classique s'avérait plus efficace dans un contexte de douleur lombaire chronique. (Cherkin 2001) Finalement, Hsieh et al. 2006 ont noté que les effets du massage étaient grandement augmentés lorsqu'il était combiné à de l'éducation thérapeutique et des exercices. Voilà des résultats intéressants pour une problématique dont plusieurs personnes peuvent souffrir au courant de leur vie. Et lors de la prescription d'exercices physiques, il sera important de tenir compte des muscles pouvant être affaiblis. En effet, Hides et al. 1994 ont noté une atrophie musculaire des multifides (muscle profond au niveau de la colonne vertébral. Tout comme plusieurs auteurs ont noté un délai dans l'activation des muscles du tronc chez des sujets symptomatiques de douleurs chroniques lombaires. (Hodges et Richardson 1998; Radebold et al. 2001)
 
Maxime Turner, Inf
Massothérapeute/Étudiant en Kinésiologie

 

Références

 
1- Cherkin DC, Eisenberg D, Sherman KJ, Barlow W, Kaptchuk TJ, Street J, Deyo RA. ( 2001)Randomized trial comparing traditional Chinese medical acupuncture, therapeutic massage, and self-care education for chronic low back pain. Arch Intern Med;161:1081-8.
 
2 - Estrade, JL. (2011). Massage et lombalgie: Une réhabilitation de la revue Cochrane, Kinésithérapie la Revue; (118):20-22
 
3 - Hides, J.A., Richardson, Stokes, M.J., Saide, M., Jull, G.A. and Cooper, D.H. (1994) Evidence of lumbar multifidus muscle wasting ipsilateral to symptoms in patients with acute/subacute low back pain. Spine 19: 165-72
 
4 - Hodges, ,P.W., and Richardson, C.A. (1998) Delayed postural contraction of transversus abdominis in low back pain associated with movement of the lower limb. Journal of Spinal Disorders 11(1): 46-56
 
5 - Preyde M. (2000). Effectiveness of mas 1. sage therapy for subacute lowback pain: a randomized controlled trial. CMAJ;162:1815-20.
 
6 - Mackawan S, Eungpinichpong W, Pantumethakul R, Chatchawan U, Hunsawong T, Arayawichanon P.(2007). Effets of traditional Thai massage versus joint mobilization on substance P and pain perception in patients with non-specific low back pain. J BodywMov Ther;11:9-16.
 
7 - Radebold, A., Cholewicki, J., Polzhofer, G.K., and Greene, H.S. (2001). Impaired postural control of the lumbar spine is associated with delayed muscle response times in patients with chronic idiopathic low back pain. Spine 26(7): 724-730

Pathologies de l'épaule et déséquilibre musculaire

Précédemment, nous avons discuté de l'approche de Janda et ses explications du syndrome croisé supérieur comme étant une possible composante de douleurs musculo-squelettiques chroniques. Quand il est question de douleurs chroniques nous retrouvons très souvent des douleurs au niveau de la ceinture scapulaire. Avant de continuer plus loin, j'aimerais vous démontrer un petit vidéo qui vous permettra de visualiser l'épaule d'un point de vue anatomique et plus particulièrement deux composantes de l'omoplate qui pourraient être reliés à des troubles musculo-squelettiques (TMS).
 
 
 
En antérieur nous retrouvons le processus coracoïde et en latéral, nous retrouvons l'acromion. Ce sont deux structures régulièrement associés aux pathologies de l'épaule et particulièrement le syndrome sous-acromial. On remarque que l'acromion est le prolongement externe de l'épine de l'omoplate et nous retrouvons sous celui-ci, une bourse séreuse qui se retrouve elle-même sous le muscle supra-épineux, muscle de la coiffe des rotateurs. Des postures présentant une augmentation de la cyphose thoracique et une bascule antérieure de l'omoplate est très souvent associée au syndrome sous-acromial. Rappelons qu’une personne ayant développé un syndrome croisé supérieur présente aussi ce genre de position de l’omoplate.  Nous avons mentionné que ce type d'alignement postural entrainerait une faiblesse des rhomboïdes, du trapèze inférieur en croisé avec une faiblesse des profonds fléchisseurs du cou alors que le trapèze supérieur, l'élévateur de la scapula, les muscles sous-occipitaux et les pectoraux majeurs et mineurs seraient tendus.
 

 
Dans la littérature, une posture telle que la tête projetée vers l'avant suggère au développement d'un patron entrainant l'augmentation de la cyphose thoracique, une rotation externe, un bascule vers l'avant et une abduction de la scapula ce qui conduirait augmenter la compression dans l'espace sous-acromial. (Lewis et al. 2005) Ces mêmes auteurs ont tentés de clarifier la question et d'évaluer si une posture projetant la tête vers l'avant entrainerait cette cascade d'adaptations posturales  et le développement d'un syndrome sous-acromial. Ils ont conclu que les résultats retrouvés ne concordaient pas avec ce que l'on retrouvait dans la littérature et qu'il faudrait effectuer d'autres recherches afin d'identifier la relation entre la posture du haut du corps et de la scapula et les déséquilibres musculaires associés au développement de ce genre de syndrome. (Lewis et al. 2005)
 
De ce fait, nous retrouvons une revue de littérature faite par Lucado 2011 qui a passé en revue les études faites à ce sujet. En effet, elle s'est intéressée aux déséquilibres des muscles s'attachant au niveau de l'omoplate et leur impact dans les différentes pathologies de l'épaule, dont le syndrome sous-acromial. (Lucado 2011) Ludwig et Cook 2000 ont constaté que lors d'une élévation du bras dans trois conditions différentes (sans charge, 3kg et 4.6kg) il y avait présence de déséquilibre musculaire chez 26 clients présentant un syndrome sous-acromial comparativement à un groupe contrôle asymptomatique. Ils ont en effet constatés une diminution de l'activité du trapèze inférieur et du dentelé antérieur au même moment ou l'on retrouvait une augmentation de l'activité du trapèze supérieur. Tout comme, Cools et al. 2007 ayant évalué l'activité des différents muscles de la scapula lors de mouvement d'abduction et de rotation externe de l'épaule. Ils ont constaté une augmentation du travail du trapèze supérieur dans les 2 mouvements alors qu'en abduction, l'activité du trapèze inférieur s'est retrouvée diminuée ainsi que le trapèze médian lors de la rotation externe. (Cools et al. 2007) Ce qui est de concert avec l'approche de Janda où il est important d'adresser le déséquilibre musculaire. Une fois de plus, nous avons une belle démonstration que lors de problèmes musculo-squelettiques, il est fort probable de retrouver un mauvais alignement postural.
 

Maxime Turner, Inf.
Massothérapeute/Étudiant en Kinésiologie
 
 
Références
 
- Lewis, J.S., Wright, C., Green, A. 2005. Subacromial impingement syndrome: The role of posture and muscle imbalance. Journal of Shoulder and Elbow Surgery 14(4): 385-92
 
- Lucado, A.M. 2011. Scapular muscle imbalance: implications for shoulder pain and pathology, Physical Therapy Reviews 16(5): 359
 
- Ludewig PM, Cook TM. 2000. Alterations in shoulder kinematics and associated muscle activity in people with symptoms of shoulder impingement. Physical Therapy; 80:276–91.
 
- Cools A.M., Declercq G.A., Cambier D.C., Mahieu N.N., Witvrouw E.E. 2007. Trapezius activity and intramuscular balance during isokinetic exercise in overhead athletes with impingement symptoms. Scand J Med Sci Sports ;17:25–33.

La réadaptation selon Janda

Nous avons vu précédemment les syndromes posturaux selon Janda suite aux adaptations musculaires et du système sensori-moteur. En ce sens, il a proposé une approche bien à lui dans le rétablissement de ces déséquilibres musculaires. J'aimerais donc vous faire part de son approche lors de réadaptation.  Pour lui si le traitement est abordé de façon localisée comme étant seulement un problème entre les muscles agonistes et antagonistes, le traitement ne serait pas garant de succès. (Page et al. 2010)
 
D’une part, il suggère de rétablir le déséquilibre musculaire en utilisant différentes techniques pour relâcher les muscles tendus et de renforcir les muscles affaiblis. Plusieurs facteurs contribuent à entrainer ces adaptations musculaires. Un kinésiologue présentant des connaissances approfondies sur la biomécanique, l'anatomie et la neurologie peut très facilement initier ce genre de réadaptation. D’autre part, il suggère une entrainement du système sensori-moteur.
 

Rétablir le déséquilibre musculaire

 
Janda suggère une plusieurs  facteurs contribuant au développement de muscles raccourcis et déficitaires. Il peut s'avérer difficile pour un kinésiologue de savoir exactement quelle est la cause du raccourcissement ou de l'allongement musculaire. Il est donc important de bien comprendre les raisons pour lesquelles un muscle se retrouve affaibli ou contracté. Voici un tableau tiré du livre de Janda concernant les causes possibles d’adaptation musculaire.
 

Contractile and Noncontractile Components of Musce tightness and weakness


 

Muscle tightness

Muscle weakness

Contractile and neuroflexive components

- Limbic system activation

- TrPs

- Muscle spasm

- Reciprocal inhibition

-Arthrogenic weakness

- Deafferentation

- Pseudoweakness

- TrP weakness

- Fatigue

Viscoelastic and adaptive components

- Adaptive shortening

- Strech weakness

- Tightness weakness
Tiré du livre: Assessment and treatment of muscle imbalance. Page et al 2010.

Entrainement du système sensori-moteur

 
Comme il avait mentionné, rétablir le déséquilibre par un travail localisé aux muscles en cause s'avère insuffisant. C'est pour cette raison qu'il suggère un entrainement en 3 phases, une phase statique, une phase dynamique et une phase fonctionnelle.

Phase statique

 
La phase statique consiste à rétablir la posture dans un alignement idéal, similaire à celui proposer par Kendall. C'est-à-dire, aider le client à reprendre conscience d'un alignement idéal de ses segments corporels. Une fois cette première franchie, le client sera progressivement soumit à de nouveaux stimuli qui mettront à l'épreuve son contrôle postural. À travers la progression, Janda suggère des positions sur deux jambes, sur une jambe combinée à de l'instabilité. Le mot d'ordre reste le contrôle postural en tout temps. Si le client n'est plus en mesure de maintenir l'alignement idéal, il devra prendre une pause et reprendre pas la suite.
 

Phase dynamique

 
Une fois la position statique bien maitrisée, Janda suggère une phase dynamique. Cette phase consiste une fois de plus à mettre à l'épreuve le système tonique postural. Sachant qu'avant tout mouvement d'un segment, le corps doit se servir du système tonique posturale comme base d'appui (Bricot 2009), il est important que le client ait un parfait contrôle avant de débuter les exercices avec les membres inférieurs ou supérieurs. Il suggère donc, l'utilisation d'élastique comme mise en charge dans la sollicitation musculaire et des exercices tels qu'une abduction de la hanche jambe tendue ou même une flexion de la hanche jambe tendue et ce, toujours en gardant un alignement idéal.
 

Phase fonctionnelle

 
Finalement, une fois la phase dynamique et les exercices maitrisés, le client est prêt à faire des exercices de types fonctionnels impliquant les chaines musculaires lors d'exercices contre résistances externes. Par exemple, le client pourrait être appelé à effectuer une fente avec une résistance l'entrainant vers l'arrière (par exemple un élastique) ce qui mettra à l'épreuve ces muscles stabilisateurs de la posture durant tout le mouvement.
 
En résumé
 
En somme, il existe plusieurs techniques pour rétablir les faiblesses musculaires ou les tensions musculaires. Et c'est selon la cause de celles-ci que nous pouvons adresser la bonne technique de relâchement ou de renforcement. Une fois cette étape franchie ou même fait de façon parallèle, l'entrainement du contrôle postural peut être adressé par divers exercices. 

Maxime Turner, Inf
Massothérapeute/Étudiant en Kinésioogie 


Références
 
1- Page, P., Frank C.C., Lardner R. 2010 The assessment and treatment of muscle imbalance - The Janda approach, Human Kinetics.
 
2 - Bricot, B. 2009. La reprogrammation posturale globale, Sauramps medical, 2009

Le syndrome croisé inférieur

Précédemment, nous avons décrit en quoi consistait le syndrome croisé supérieur et son impact sur les composantes articulaires et musculaires vu les forces anormales exercées contre celles-ci. Maintenant, nous parlerons du syndrome qui est plutôt associé aux membres inférieurs. Un peu comme le syndrome croisé supérieur, les déséquilibres musculaires entraineront des dysfonctionnements sur certaines articulations au niveau du bassin et des membres inférieurs. En ce sens, les articulations L4-L5, L5-S1, l'articulation sacro-iliaque ainsi que l'articulation de la hanche subiront des tensions vu les forces normales exercées contre elles. (Page et al. 2010)  Le syndrome croisé inférieur inclus une bascule antérieure du bassin, une hyperlordose lombaire, une rotation externe de la jambe ainsi qu'une hyperextension des genoux. (Page et al. 2010) Par contre, si l'hyperlordose est très courte et profonde, il y aura une prédominance au niveau des muscles pelviens alors que si elle s'étend jusqu'à la région thoracique, le débalancement sera plus important au niveau des muscles du tronc. (Janda 1987) Il est donc important, particulièrement atteint de lombalgie chronique d'évaluer la posture afin d'identifier si un déséquilibre musculaire serait à l'origine de ces maux de dos. 
 
Muscles en relation avec le syndrome croisé inférieur
 
Lower crossed syndrome - Type A
 
Le premier type de changement postural associé au syndrome croisé inférieur impliquerait un plus grand changement au niveau des hanches. En effet, la posture se traduirait par une légère flexion des hanches et des genoux. (Page et al. 2010)
 
 




Muscles affaiblis:
 
- Les abdominaux
- Les grands fessiers
 
Muscles tendus:
 
- Fléchisseurs des hanches
- Extenseurs lombaires
 
 
 

Lower crossed syndrome - Type B
 
Le deuxième type de posture entrainerait plutôt une rétroversion du bassin, une minime lordose lombaire qui se traduirait par une hypercyphose très prononcée au niveau dorsale avec une protraction plus prononcée de la tête vers l'avant. (Page et al. 2010)
 
 
En résumé
 
Pour Janda, les douleurs musculo-squelettiques chroniques peuvent être causées par plusieurs pathologies, ce qui constitue une lourde tâche d'identifier la cause exacte. (Page et al. 2010) Et si comme le prétend Janda, les déséquilibres musculaires constituent la cause de ces douleurs, il va de soi qu'il est important de faire une bonne évaluation posturale, d'évaluer les patrons moteurs afin d'adresser la réadaptation la plus spécifique possible.
 
 
Maxime Turner, Inf.
Massothérapeute/Étudiant en Kinésiologie


Références

 

 
1 - Janda, V. 1987. Muscles and motor control in low back pain: Assessment and management. In physical therapy of low back pain, ed. L.T. Twomey, 253-78. New York: Churchill Livingstone
 
2 - Page, P., Frank C.C., Lardner R. 2010 The assessment and treatment of muscle imbalance - The Janda approach, Human Kinetics

Le syndrome croisé supérieur

Dernièrement, j'ai fait l'acquisition du livre "Assessment and treatment of muscle imbalance - The Janda Approach" écrit par Phil Page, Clare C. Frank et Robert Lardner. C'est un livre mettant de l'avant l'approche du Dr Janda dans le traitement des déséquilibres musculaires et des douleurs chroniques. Je n'ai pas besoin de vous mentionner que cela constitue un outil plus qu'intéressant pour un kinésiologue. À travers le livre, nous retrouvons l'évolution de son approche sous l'influence des auteurs comme Florence Kendall et Shirley Sarhmann pour ne nommer que ceux-là. Il a su développer une approche passablement très complète dans  l'évaluation des déséquilibres musculaires et leurs incidences. Dans un premier temps, nous discuterons du syndrome croisé supérieur qui se traduit par un débalancement musculaire du haut du corps.

 

Suite à ses observations chez ses patients présentant des troubles neurologiques et des douleurs musculo-squelettiques, Janda conclu que les déséquilibres musculaires étaient contrôlés par le système nerveux central (SNC). (Janda 1987) Selon lui, les sujets présentant ces changements posturaux peuvent présenter des tensions musculaires différentes mais le patron reste le même. (Page et al. 2010) Ils présentent donc une posture avec la tête vers l'avant, une hyperlordose cervicale, une hypercyphose dorsale, une élévation et une protraction des épaules ainsi qu'une rotation ou une abduction des omoplates.
 
www.jandaapproach.com
Muscles affaiblis:
 
- Rhomboïdes
- Trapèze inférieur
- Profonds fléchisseurs du cou
 
Muscles tendus:
 
- Grand pectoral et petit pectoral
- Muscles sous-occipitaux
- Trapèze supérieur
- Élévateur de la scapula (omoplate)
 
Ces changements posturaux entrainent ainsi une instabilité de l'articulation gléno-humérale, ce qui augmentera l'activation des élévateurs de la scapula et des trapèzes supérieurs. (Janda 1988) Ce genre de posture entraine ainsi un déséquilibre des muscles s’attachant sur les omoplates et fréquemment associé à des pathologies aux épaules comme un syndrome sous acromial, déchirure du labrum supérieur (Lucado 2011) et le syndrome de compression par la coracoïde (Kendall 2007). Par contre, il se peut qu'il n'y ait pas de douleur associée à ce désalignement postural, mais à titre préventif, il est important d'encourager la restauration de l'alignement postural.
 

Une chaise d’entrainement?
 
Voici une étude intéressante ayant évalué les effets d'une position assise utilisant un ballon d'exercice comme dossier de chaise comparativement à une chaise conventionnelle.
 
Yoo et al. 2006
 
 
Ainsi, avec l'aide de l'électromyographie, Yoo et al. 2006  ont isolés le travail du trapèze médian et du trapèze supérieur ainsi que le dentelé antérieur, muscles couramment associés au syndrome croisé supérieur du Dr Janda. Le trapèze supérieur reconnu pour être tendu, alors que le trapèze médian et le dentelé antérieur sont plutôt reconnus pour être déficitaires. Ils ont donc constaté que d'être en position assise avec un ballon exercice, augmentait le travail du trapèze médian et du dentelé antérieur alors que le travail du trapèze supérieur était diminué.
 
 

D'autres recherches restent à être fait afin d'établir si ce genre de position pourrait aider à corriger ce déséquilibre musculaire à long terme mais cela semble être alternative intéressante.

 

 

 
Maxime Turner, Inf.
Massothérapeute/Étudiant en Kinésiologie

Références

 
1 - Janda, V. 1987. Muscles and motor control in low back pain: Assessment and management. In physical therapy of low back pain, ed. L.T. Twomey, 253-78. New York: Churchill Livingstone
 
2 - Janda, V. 1988. Muscles and cervicogenic pain syndromes. In Physical therapy of the cervical and thoracic spine, ed.. R. Grand, 153-166. New York: Churchill Livingstone
 
3 - Kendal, F.P., Mc Creary, E.K. et al. (traduit par Dr Elie Séguy et Dr Thierry Gavardin) Les muscles, bilan et étude fonctionnels. 5e édition. Édition Pradel, 2007
 
4 - Lucado, A.M. 2011. Scapular muscle imbalance: implications for shoulder pain and pathology, Physical Therapy Reviews 16(5): 359
 
5 - Page, P., Frank C.C., Lardner R. 2010 The assessment and treatment of muscle imbalance - The Janda approach, Human Kinetics
 
6 - Yoo W., Yi CH., Kim ME. 2007 Effects of a ball-backrest chair on the muscles associated with upper crossed syndrome, Work. 2007;29(3):239-44.
 

 

Tendinite et déséquilibres musculaires

Pour commencer, j'aimerais dire un gros merci à la CSST pour avoir produit une publicité qui me donne la possibilité d'introduire mon sujet d'aujourd'hui. Malheureusement, je n'ai pas été capable de retrouver la publicité sur Youtube... Et j’aimerais mentionné avant de débuter qu’il est quand même impossible pour moi de vraiment me positionner sur la question car je ne connais pas du toute l'histoire, mais j'utilise celle-ci comme ouverture pour le sujet d'aujourd'hui. En bref, la publicité nous présente une dame, coiffeuse de carrière, qui a dû arrêter de travailler à l'âge 42 ans suite à des problèmes répétés de tendinites. Mon intervention d’aujourd’hui consiste donc à vous faire part de mon opinion par rapport aux tendinites chroniques.
 
La tendinite

 

La tendinite est un terme couramment utilisé pour décrire l'inflammation d'un tendon (attachements du muscle à un os) par contre, de l’avis de tous les spécialistes, «tendinopathies» semble être le terme le plus approprié pour décrire ces affections qui touchent les tendons. (Hyman et al. 2000) Car les cellules inflammatoires sont absentes la plupart du temps et la tendinopathie est plus associé à une altération des fibres de collagènes au niveau tendineux et au phénomène de cicatrisation. (Gard 2007) Toutefois, il n'est pas question ici d'expliquer la pathogénèse de la tendinopathie mais plutôt mettre de l'avant les raisons pouvant expliquer la chronicisation d'une tendinopathie. Elles sont principalement dues à une surcharge de travail autant dans l'intensité que dans la durée de cette charge de travail. Pour moi, une tendinopathie récidivante confirme que la cause du problème n’a pas réellement été adressée.
 
La tendinopathie et les changements posturaux

 

Une surcharge de travail entraine du même coup une sur utilisation de certains groupes musculaires. Ces sur utilisations peuvent être à l'origine de changements posturaux. Par exemple, un travail régulier à l'ordinateur souvent associé à une mauvaise posture la tête vers l'avant et l'augmentation de la cyphose dorsale (courbure normale au niveau du dos) augmentera le travail de certains muscles tels que le trapèze supérieur et l'élévateur de la scapula et l'étirement d'autres. Lorsque ces postures sont prolongées, il peut s'en suivre des problématiques qui comprennent entre autres les tendinopathies. Un cercle vicieux s'installe ce qui contribue à maintenir cette sur utilisation. Certains se retrouvent raccourcis (souvent les muscles sujet à développer des tendinopathies) et d'autres deviennent déficitaires ou selon Janda, hypotoniques. Il est donc important d’avoir une vision globale et de faire une bonne évaluation afin de voir les muscles qui seraient soumis à ces sur utilisations.

 
Évaluation posturale et tendinopathies

 

C'est dans cette optique que l'évaluation posturale s'avère être importante. Considérant le cercle vicieux qui s'installe lors d'un mauvais alignement postural, cela prédispose au développement de tendinopathie. En se basant sur l'approche de Vladimir Janda, ces changements posturaux entrainent de mauvais patrons moteurs et qui seront ultimement reconnus comme les patrons moteurs "normaux" par le cerveau et contribueront à l'application de forces anormales sur les articulations et toutes ces composantes. (Page et al. 2010) C'est pour cette raison qu'il est important de prendre en considération les changements posturaux et de ne pas seulement s'attarder aux structures en cause. La correction du mauvais alignement postural aidera grandement à la résolution de la tendinopathie en diminuant considérablement les tensions soumises aux structures en cause. Nous verrons sous peu, les syndromes croisés supérieurs et inférieurs de Janda pouvant être associés au développement de douleurs chroniques et de quelle façon ce genre de postures devraient être corrigées.

En somme, intégrer des exercices spécifiques pour corriger votre posture lors de vos entrainements aidera grandement à prévenir les problématiques musculo-squelettiques.
 
 
Maxime Turner, Inf.
Massothérapeute/étudiant en Kinésiologie

 

Références
 
 
1 - Hyman J, Rodeo SA. Injury and repair of tendons and ligaments. Physical Medicine and Rehabilitation Clinics of North America 2000;11

2 - Gard S. 2007. Efficacité des traitements de Kinésithérapies pour les tendinopathies. Kinesithérapie La Revue 2007;(67):36-40

3 - Page P., Frank C.C., Lardner R., 2010 The assessment and treatment of muscle imbalance - The Janda approach, Human Kinetics